Discours du Président Didier Lauret lors du Congrès Annuel du Parti Socialiste

Nov 15, 2023 | Historique

Chers amis, chers camarades,

Tout d’abord je tiens à remercier l’équipes pour l’énorme travail de préparation, c’est un grand chantier l’organisation d’un Congrès, surtout cette année.

Je pense à Patrick Monney grand organisateur de cette journée, le comité de notre section Arlette, Camille, Lauren, Bouquet, Blérina, Patrick Mu, Philippe, Pierre, Gaspard, Olivier, Antonio, je n’oublie pas bien sur Stéphanie Lammar notre maire actuelle qui a non seulement fait elle aussi sa part de travail dans l’organisation et qui nous accueille dans cette superbe salle des fêtes, et tous les camarades qui se sont greffés à cette superbe journée

Merci au PSG, a son Président Thomas Wenger, Frédérique Bouchet, Clémence Peillex, pour leur soutien.

Merci, bien sûr, à vous toutes et tous, militantes et militants pour votre formidable mobilisation !

Je tenais à saluer la présence des élus de tout horizon national cantonal municipal, vous êtes les représentants de la parole socialiste.

Beaucoup de gens sont socialistes, mais ils ne le savent pas encore », et grâce à nous et aux actions menées ils sont en train de le découvrir.

Nous sommes réunis pour notre Congrès, je souhaite jeter un regard en arrière, à repenser à l’histoire, à nous souvenir des combats de celles et ceux qui nous ont précédés, à qui nous devons nos droits et libertés.

Nous avons besoin, en politique comme dans la vie, de moments comme ceux-ci. Des moments pour se poser, prendre un peu de distance par rapport au flux continu des évènements, aux petites phrases assassines et aux tweets rageurs.

Chaque génération de militants socialistes poursuit la longue marche vers l’émancipation entamée par nos anciens. On sait que plusieurs générations se sont succédé, et ont fait ce que nous sommes.

Des travailleurs accablés par le labeur, réprimés par l’Etat bourgeois, qui ont trouvé le courage de se dresser contre la fatalité, la création des premières maisons du peuple, les premières coopératives, les premières organisations syndicales. Ces générations se sont organisés pour défendre leurs droits, et ont commencé à bâtir, dans l’enfer du capitalisme sauvage, des oasis de liberté et de solidarité.

Grâce aux libertés syndicales nous avons arraché les premières grandes lois sociales. Les journée de travail réglementée, les pensions pour tous, la protection contre le chômage et la maladie quoique que…., le logement social, les bibliothèques, les transports publics, l’indexation automatique des salaires et les congés payés.

Les militantes et militants construisent les protections essentielles contre les aléas de l’existence dont nous bénéficions. Nous donnons un patrimoine à ceux qui n’en n’ont pas, un patrimoine qui est d’autant plus beau qu’il est partagé et construit dans la fraternité.

Nous continuons à bâtir pour que chacun puisse se donner à son propre projet. Nous renforçons sans relâche les droits des femmes, celui notamment de disposer librement de leur corps.

Nous pourchassons toutes les formes d’inégalités, le lobby des assurances maladie, avec cette annonce fracassante de pratiquement 10% d’augmentation sur les primes, nous défendons tous ceux qui subissent les brimades et les discriminations. Nous continuons à protéger les travailleurs, avec et sans emploi, contre la maladie, la pauvreté, le handicap. Nous travaillons pour que diminue Le temps de travail pour que chacun ait du temps pour soi.

Nous Nous sommes les militantes et militants socialistes actuels, de tout âge et de toute origine, nous sommes les détenteurs de ce magnifique héritage. C’est à la fois une source d’inspiration au quotidien, et une immense responsabilité. Nous avons le devoir de protéger et de faire fructifier le fabuleux trésor de droits et de libertés, et de la solidarité organisée.

C’est pour cela que nous sommes militants. Parce que nous avons conscience de ce que nous devons à ceux qui nous ont précédés, et de poursuivre le combat, pour nos enfants, pour tous ceux qui nous suivront.

Tout ce que nous avons conquis, la démocratie, l’école, la laïcité, les services publics, les droits et libertés, tout a été arraché de haute lutte, par nous militants qui n’avons confiance que dans nos propres forces.

Le socialisme ne peut l’emporter que si nous nous battons partout, dans les entreprises, les bureaux, dans la rue, dans les associations…..

Il ne peut triompher que si nous nous battons ici, chez nous, et sommes aussi solidaires de tous les peuples qui, aux quatre coins du monde, luttent pour leur liberté et leurs droits.

Je n’oublie pas d’évoquer le cas Mahdie qui risque l’expulsion, cette jeune femme de 28 ans a reçu la sentence il y a un mois du Secrétariat d’Etat aux migrations, comment ne pas s’offusquer sur ce cas qui n’est pas unique dans notre pays, des personnes qui s’intègrent qui se fond balader et exploités par des passeurs peu scrupuleux, je lance un appel aux candidates et candidats présent aujourd’hui mobilisions-nous pour que cette jeune femme qui fait partie du mouvement White Wednesday, mercredi blanc, qui s’impose par ses actions et ses vidéos pour défendre le droit des femmes Iraniennes et tant d’autres pour qu’elle reste en Suisse et à Genève.

Heureusement une bonne nouvelle le prix nobel de la paix à été décerné à Narges Mohammadi activiste qui défend le droit des femmes Iranienne la peine de mort mais qui est en prison pour 31 ans…..comment peut-on encore accepter ça….

Nous pouvons contrer la marche folle du profit que si nous combattons toutes les formes d’inégalités, qu’elles frappent les travailleurs, avec ou sans emploi, les femmes ou les personnes stigmatisées pour leur origine ou leurs choix de vie.

Il faut résister, parce que les privilégiés tenteront toujours de défaire ce que nous avons construit. Aujourd’hui comme hier, il n’y a pas un jour où la droite n’attaque l’indexation des salaires, les syndicats ou les fonctionnaires, Il n’y a pas un jour sans que la droite ne cherche à remettre en cause tout ce qui, dans notre démocratie sociale renforce les solidarités.

Cette réflexion est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que nous vivons des temps de grande incertitude.

L’épidémie du Covid aura été pour notre génération un choc majeur. Nous pensions avoir vaincu la peste et le choléra, la grippe et la polio, grâce à la science au progrès dont nous sommes porteurs et qui nous anime, et nous découvrons qu’un virus peut, en quelques semaines, causer des millions de morts et paralyser le monde.

Et comme si cela ne suffisait pas, nous sommes confrontés aujourd’hui à la plus grave crise énergétique des cinquante dernières années. Des menaces pèsent sur notre sécurité d’approvisionnement, les marchés sont devenus fous, les multinationales de l’énergie profitent des circonstances de guerre pour faire flamber les prix, et des centaines de milliers de famille craignent, cet hiver, de devoir choisir : manger, se soigner ou se chauffer. Qui aurait cru cela possible, au XXIe siècle, au

cœur de l’Europe ?

Face à de telles crises, et face aux inquiétudes légitimes qu’elles génèrent, c’est d’abord vers nous, les socialistes, que les citoyens se tournent.

Car quel est le point commun entre le covid, les changements climatiques et la crise de l’énergie ? Tous sont le résultat de la course effrénée vers le profit, de la marchandisation continue de la nature et des relations humaines. La crise énergétique en est le meilleur exemple.

Aujourd’hui il faut mener la bataille de la sobriété et de la souveraineté énergétiques pour permettre à chacun de mener une vie digne et heureuse, pour sauver notre climat et pour se libérer des tyrans comme Poutine.

Trop longtemps, nous avons été sur la défensive. Le fond de l’air était à droite, nous devions sans cesse nous justifier, nous passions le plus clair de notre temps à protéger ce que nous avions construit, les services publics les droits et les libertés, contre les agressions perpétuelles de la droite.

Ce temps-là est terminé. L’épidémie de covid a rappelé à ceux qui en doutaient que la santé publique est notre patrimoine collectif le plus précieux. Avec nos amis et alliés les verts, et Face aux crises climatiques et énergétiques, seule une action publique forte, coordonnée et de long terme, seule une véritable planification écologique et sociale, est à même de prévenir les désastres et d’atteindre

l’indispensable neutralité carbone en l’espace d’une génération.

Mais, chers amis, chers camarades, gardons-nous d’une dangereuse tentation, celle de croire qu’en politique il y a des effets de balancier.

Le danger le plus sournois, c’est la banalisation de ces idées nauséabondes. Cette rhétorique est vieille comme le monde, mais elle resurgit à chaque crise. En répétant qu’on paie trop d’impôts, qu’il y a trop de fonctionnaires, que les services publics coûtent trop chers, qu’il y a trop d’émigrés.

En accusant les chômeurs de paresse, en qualifiant les plus vulnérables d’assistés, qui vivent au crochet des services sociaux, en présentant les pensions des retraités comme un coût trop élevé, la droite cherche à détourner l’attention pour protéger les plus riches. Ils savent que quand les travailleurs se divisent, quand ceux qui ont un travail en viennent à penser que leurs difficultés viennent de ceux qui n’en ont pas, les riches sont à l’abri ! Toujours le même discours qui vient de cette droite extrême qui ne supporte aucunes contraintes pour son électorat bourgeois et sans scrupules pour les autres classes sociales.

Même à gauche on voit parfois s’installer ces sinistres raisonnements. L’histoire le montre : chaque fois que la gauche court derrière l’extrême-droite, elle la renforce. Nous devons dénoncer ces dérives, d’où qu’elles viennent. Nous devons rappeler que la solidarité que nous avons construite est universelle. Elle nous protège tous parce que personne n’est à l’abri des coups du sort.

Le travail, aujourd’hui, comme hier, c’est donner le meilleur de soi-même, c’est éprouver la fierté de la tâche accomplie, c’est se construire des liens sociaux et des droits. Nous socialistes, par notre histoire et nos combats actuels, nous le savons mieux que personne. Et cette droite arrogante toujours prompte à défendre les rentiers est la plus mal placée du monde pour nous faire la leçon.

Camarades, chers amis, les années qui commence seront cruciale. Nous avons encore mille combats à mener, partout où nous exerçons des responsabilités. Et dans le même temps, nous devons prendre le temps de la réflexion.

Il faut approfondir la démocratie. Donner toujours plus la parole aux citoyens et aux collectifs. Faire reculer toutes les formes de domination, masculine, coloniale, intégriste ou raciste. Il faut poursuivre nos réflexions que nous menons depuis toujours pour que chacun puisse mener sa vie comme il l’entend.

Il faut aussi protéger et réparer la planète, que nous avons tellement abîmée. Et pour cela aussi, faire le choix du collectif. Ce n’est pas en punissant, en interdisant, en taxant que l’on va convaincre les citoyens de s’engager dans l’indispensable transition climatique. C’est en attaquant les vrais responsables, les multinationales et

les millionnaires qui polluent sans entrave. C’est en investissant dans tout ce qui est indispensable, des logements bien isolés, un environnement de qualité, une alimentation naturelle, des transports publics accessibles à tous des places publiques arborisées. C’est cela l’écosocialisme.

Etendre les droits des plus jeunes, qu’ils soient étudiants, stagiaires ou travailleurs, parce qu’ils sont les moins bien protégés, et les plus exploités.

Il faut imposer des règles aux nouvelles formes du travail et mieux répartir le travail disponible. Travailler moins pour travailler tous, et pour vivre mieux.

Partout, autour de nous, nous voyons des hommes et des femmes qui souffrent, et qui espèrent un monde meilleur. Nous voyons des femmes et des hommes qui incarnent déjà, tous les jours, les valeurs de fraternité et de solidarité.

Les travailleurs des services publics qui prennent soin des autres. Les travailleurs de l’économie sociale et solidaire qui luttent contre le gaspillage et le saccage du vivant. Les syndicalistes et les militants associatifs qui se battent pour les droits des plus fragiles. Les artistes qui dessinent le monde souhaitable de demain, et cultivent notre sensibilité à la beauté du monde. Les centaines de milliers de bénévoles qui donnent de leur temps pour aider les enfants à apprendre, ou qui soutiennent les personnes abîmées par la vie, pour leur rendre la confiance et l’envie de se battre. Ils sont la preuve vivante que plus est en l’homme, et qu’un monde meilleur est possible.

Aucun d’entre nous, c’est vrai, n’est immunisé contre l’agressivité, l’égoïsme et le rejet de l’autre. Mais en nous il y a beaucoup plus. Il y a aussi le sens inné de l’entraide et de la solidarité, l’instinct de rébellion contre toutes les formes d’injustice, la générosité et le respect.

Beaucoup de mes propos sont inspirés de proches disparus trop tôt je terminerais par cette analyse, c’est cela le socialisme, parler à ce qu’il y a de plus beau dans l’âme humaine, cultiver chaque jour les valeurs de justice et de solidarité que nous sentons instinctivement vibrer dans notre cœur et dans nos tripes.

Et quand ces idées-là se diffusent, quand elles infusent toute la société, elles sont d’une puissance infinie.

Nous n’avons jamais eu les privilèges de la naissance, ni la puissance de l’argent. Mais nous avons pour nous les idées les plus belles et les plus généreuses. Nous avons pour nous la force du nombre et le désir intense d’une vie juste et apaisée.

Tout le monde veut changer le monde. Nous, nous l’avons déjà fait, et nous le referons. Merci, chers amis, chers camarades, pour votre engagement.